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Les députés européens du PDE nous disent pourquoi ils ont choisi de se battre pour l'Europe

Les langues, les cultures, les différences régionales et les initiatives locales doivent être chéries car elles constituent le principal atout de l'Europe.

Les "Journées de l'Europe" du PDE en France présentent les défis de la politique européenne

Militants participants à un atelier d'échanges avec les députés européens du PDE

Le Parti Démocrate européen est retourné à Guidel, en France, du 23 au 25 septembre pour ses "Journées de l'Europe" annuelles. Cet événement de trois jours axé sur la politique européenne dans cette ville bretonne située au bord de l'océan comprenait 10 ateliers percutants et deux sessions plénières. Les Journées de l'Europe organisées par le PDE se sont déroulées parallèlement à "l'Université de rentrée", un événement annuel organisé par le Mouvement Démocrate - le parti membre du PDE en France.

Les décideurs politiques et les experts se penchent sur l'approche de l'Europe face à la guerre en Ukraine et sur les relations avec la Chine lors des sessions plénières.

L'événement comprenait deux sessions plénières qui ont rassemblé quelque 500 participants à la "rentrée politique" du MoDem et aux Journées européennes du PDE. La première plénière a exploré les réponses politiques de l'UE pour faire face à un monde instable et multipolaire. La première plénière a proposé une "masterclass" en géopolitique pour mieux comprendre le nouvel ordre mondial et ses zones d'ombre. Un panel modéré par la parlementaire européenne Laurence Farreng ( PDE et MoDem, France) a réuni Jean-Louis Bourlanges, président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale française ; Jean-Yves Le Drian, ancien ministre français des affaires étrangères ; Oxana Melnychuk, analyste et communicatrice stratégique ; et Marie-Pierre Vedrenne, parlementaire européenne (PDE et Modem, France).

Oxana Melnychuk , originaire d'Ukraine, a commencé la session en exprimant l'aspiration de son pays à un avenir libre, équitable et démocratique : "Pour nous, les mots "liberté, égalité, fraternité" nous parlent aussi." Au sujet de la guerre dans son pays, elle a déclaré : "Poutine a perdu la guerre dès les premiers jours, dès que la solidarité européenne avec l'Ukraine est apparue."

Jean-Yves Le Drian a prévenu : "Cette crise en Ukraine sera longue. Et je veux le dire ici : ce sont les Ukrainiens qui devront fixer les conditions de la négociation. Vladimir Poutine a multiplié et accumulé les sous-estimations sur l'Ukraine, comme sur la force de la nation ukrainienne, la réactivité de l'Europe, les conséquences sur l'OTAN, et enfin l'état de son armée."

Jean-Yves Le Drian a ajouté : "Nous partageons ensemble le fait que l'avenir de l'Europe reste ouvert, en particulier sur la défense en Europe. Nous avons progressé d'une manière inimaginable, et c'est un espoir dans cet univers très désordonné, complexe et conflictuel." Oxana Melnychuk a répondu : "La question de la sécurité et de la défense en Europe ne peut plus se faire sans les Ukrainiens. Car malheureusement, l'Ukraine connaît aujourd'hui la guerre."

Jean-Louis Bourlanges a donné un aperçu historique des fondements du projet européen et des conflits frontaliers, en déclarant : "L'Union européenne a été construite à l'origine pour la paix, pas pour la guerre. Elle a été construite pour adoucir les frontières, pas pour les défendre".

L'eurodéputée Marie-Pierre Vedrenne a déplacé les sujets au cours du débat vers la Chine, où les négociations avec la Chine et l'Union européenne ont évolué dans le sens de l'Europe, en disant : "Ce qui peut faire bouger la Chine, c'est l'accès à notre marché intérieur". Elle a ajouté : "Lorsque la Lituanie a essayé de résister à la Chine, celle-ci a utilisé la pression économique. C'est pourquoi nous travaillons sur des mesures anti-coercition." Marie-Pierre Vedrenne a également parlé du rôle du Parlement européen démocratiquement élu dans le débat politique sur la politique étrangère : "C'est notre rôle en tant que parlementaires européens de donner corps à l'autonomie stratégique afin que l'Union européenne décide quand, comment et avec qui elle veut échanger.

 

Deuxième séance plénière : La démocratie doit résister aux extrêmes

La deuxième plénière a suivi, avec les remarques d'ouverture de Stéphane Séjourné, président du groupe Renew Europe au Parlement européen. Il est également secrétaire général de Renaissance, un parti politique français centriste et pro-européen. Il a confronté l'appel de son parti à se rassembler "ensemble" avec le mouvement vers les extrêmes observé lors des récentes élections en Italie. Il a fait remarquer : "Le rassemblement 'Ensemble' n'est pas un vain mot. Je le dis d'autant plus que les adversaires de nos rassemblements seront probablement encore les extrêmes comme on le voit en Europe."

Stéphane Séjourné a été précédé d'une brève intervention du président du PDE, François Bayrou, qui est aussi le chef du parti Mouvement Démocrate. Il a livré son analyse du premier panel, en déclarant : "Nous avons toujours considéré que le mot d'ordre au sein de la majorité était l'alliance. L'alliance passe par l'estime réciproque, la solidarité et la liberté d'expression."

Edouard Philippe, maire du Havre, en Normandie, et ancien Premier ministre de la France ainsi que président d'Horizons, le 3e parti de la majorité présidentielle en France, a pris la parole après le discours de Stéphane Séjourné. Edouard Philippe a souligné le changement de perception de la démocratie occidentale dans le monde, en déclarant : "Beaucoup de gens ont l'impression que la démocratie occidentale n'est plus le modèle adapté à notre société et qu'elle n'apporterait pas les réponses nécessaires. Cette idée est extrêmement dangereuse et puissante."

Retrouvez une retranscription de leur discours. 

L'Europe au bord de la crise de nerfs

Plus de 300 personnes ont participé aux dix ateliers du PDE, qui ont rassemblé des experts, des décideurs politiques et des militants pour aborder les questions politiques qui touchent l'Europe. Les participants aux ateliers se sont penchés sur les défis politiques à relever dans un monde instable qui se transforme en un monde multipolaire. Le coup d'envoi du vendredi soir était placé sous le thème : "L'Europe au bord de la crise de nerfs". Edouard Gaudot et Alexandra Leuliette, experts en affaires européennes, ont participé à la table ronde et ont échangé des idées sur le futur modèle économique, tout en analysant des notions telles que la "sobriété", l'économie linéaire ou circulaire, et le processus décisionnel de l'UE.

Edouard Gaudot a noté : " L'Europe est un ensemble d'acteurs, Bruxelles n'est pas unique. La décision résulte d'un processus auquel participent de multiples acteurs." Sur les marchés internationaux, il a noté : "Les normes du marché commun européen ont été chamboulées par l'externalisation à l'étranger."

Le panel a également abordé les thèmes de la jeunesse et de la société, où Alexandra Leuliette a noté : "Les jeunes sont de plus en plus impliqués dans la politique transnationale. Qu'il s'agisse des marches pour le climat ou des droits des LGBT par exemple. Elle a également plaidé pour la nécessité d'une réforme électorale en Europe, en déclarant : "Plus que jamais, nous devons nous battre pour des listes transnationales."

Gestion de la paix : Une approche européenne des conflits

Le secrétaire général adjoint du PDE, Frédéric Petit, a rejoint le professeur de l'Université de la Sorbonne, Laurent Warlouzet, pour une conférence sur la meilleure façon de gérer la paix en Europe.

Frédéric Petit, député national français représentant les Français situés en Allemagne, en Europe centrale et dans les Balkans, s'exprimant sur la guerre en Ukraine, a expliqué : "La guerre a rassemblé les Ukrainiens autour de leur nation, mais aussi autour de leurs institutions démocratiques. Le Parlement ukrainien travaille plus que jamais. "

" Le conflit doit être géré. L'Europe applique une gestion humaniste des conflits, pour faire face aux défis mondiaux. Et c'est ce modèle qui est attaqué en Ukraine. "

Laurent Warlouzet s'est concentré sur la politique militaire en Europe, décrivant l'état actuel de la coopération militaire : "Il y a un décalage entre l'Europe institutionnelle et la volonté de puissance. La nouvelle boussole stratégique nous permet d'avancer, mais nous sommes encore loin du compte."

2022 : l'Année européenne de la jeunesse

Un panel sur l'Année européenne de la jeunesse 2022 a exploré comment les politiques doivent être menées en tenant compte des jeunes. L'Année européenne de la jeunesse offre un tremplin pour une discussion plus large sur les besoins des jeunes, surtout en ces temps incertains.

Dirigée par Laurence Farreng, parlementaire européenne française, et Ugo Rostaing, secrétaire général des Jeunes Démocrates européens, cette table ronde d'une heure a permis de présenter le rôle des JDE.

M. Rostaing a déclaré : "Faire des propositions au nom de la jeunesse européenne fait partie de notre mission chez les Jeunes Démocrates".

Laurence Farreng a ajouté : "Nous faisons pression pour que l'Année européenne de la jeunesse soit prolongée jusqu'en 2023. La jeunesse doit continuer à être au cœur de nos politiques."

Frontières grises en Europe

Dans le quatrième panel, Frédéric Petit a rejoint Pierre-André Hervé, président du Cercle Agénor, pour aborder la question des "zones grises" en Europe. Présentes dans les pays baltes comme l'Estonie, appliquées aux zones qui bordent la Russie, il a observé : "Il y a un modèle qui veut des frontières claires - celui des pays coopératifs - et un autre modèle qui appelle des frontières grises. L'impérialisme russe, par exemple... L'impérialisme a besoin de zones grises. L'inviolabilité des frontières est cruciale et doit être défendue, en Ukraine et ailleurs."

Il ajoute que la frontière n'est pas un mur, ni une ligne. "Une frontière définit la responsabilité en tant que citoyen... Nous devons nous éloigner d'une vision étroite de la frontière. Elle ne définit ni une langue, ni une culture, ni une population -- une vision simpliste souvent utilisée par les souverainistes."

Le président du Cercle Agénor a exploré le modèle de l'UE qui repose sur la réconciliation internationale, le qualifiant de "modèle unique" qui a commencé avec la réconciliation entre la France et l'Allemagne.

La guerre en Ukraine et la crise énergétique

Christophe Grudler, député européen, a rejoint Sylvain Waserman, ancien vice-président de l'Assemblée nationale française, pour discuter de la guerre en Ukraine. La session a examiné comment l'Union européenne peut s'organiser pour répondre à la crise énergétique.

Christophe Grudler, qui fait partie de la commission ITRE chargée de l'industrie, de la recherche et de l'énergie, a fait remarquer que la crise énergétique émergente a en fait commencé avant la guerre en Ukraine. Il a ajouté que la crise énergétique a été "fortement accélérée par la guerre, ce qui a montré les limites de notre modèle d'importation d'énergie." Il a également appelé à une plus grande production d'énergie avec l'Union européenne, afin que celle-ci puisse avoir son "destin énergétique" en main.

Sylvain Waserman a exploré les marchés de l'énergie en déclarant : "Lorsque ces marchés se comportent de manière complètement folle - comme c'est le cas actuellement - il est normal que l'État agisse. Et dans ce cas, l'UE aide les États membres à reprendre la main."

Politique commerciale

Un panel sur la politique commerciale a suivi, couvrant les efforts de l'Union européenne avec ses partenaires commerciaux dans le monde. La session s'est concentrée sur une foule de questions connexes, notamment autour de la politique numérique visant à gérer les grands géants américains de la technologie, ainsi que sur les systèmes d'évitement fiscal dans les paradis fiscaux à l'intérieur et à l'extérieur de l'Union européenne. Les participants ont posé des questions à la députée européenne Vedrenne, bretonne et co-présidente de la délégation d'Europe Ensemble au Parlement européen. Elle a été rejointe par Charles de Marcilly, administrateur politique au Secrétariat général du Conseil de l'Union européenne, qui a également répondu aux questions des auditeurs totalement captivés.

Les grandes questions sociales soulevées par le défi climatique international

Yannick Mireur, fondateur du Nexus Forum, a partagé un panel avec la députée européenne Sylvie Brunet, vice-présidente du groupe Renew au Parlement européen.

Sylvie Brunet a fait passer à une salle pleine de membres engagés du MoDem le message que l'Union européenne veut aider les travailleurs dans les transitions sur les fronts écologique et numérique. Par exemple, dans le domaine des transports, les bouleversements provoqués par les voitures électriques à batterie posent de nouveaux défis aux travailleurs de l'industrie automobile. Elle a déclaré : "La fabrication d'une voiture électrique ne requiert pas les mêmes compétences que celle d'une voiture à moteur à combustion interne (MCI)." Dans le même ordre d'idées, elle a indiqué que le Parlement européen avait récemment voté en faveur des efforts législatifs concernant le Fonds social pour le climat. Elle a déclaré : "Cela aidera vraiment les travailleurs de l'UE lorsque les transitions de leurs secteurs se produiront. Elle a ensuite conclu sur une note rassurante : "Face au changement climatique, l'Union européenne a son rôle à jouer pour soutenir ses citoyens et ne laisser personne de côté."

 

Les parlementaires du PDE élus en France ont organisé en milieu d'après-midi un atelier spécial pour répondre aux questions autour des Journées de l'Europe. Sylvie Brunet, Laurence Farreng et Marie-Pierre Vedrenne, ainsi que Max Orville, Christophe Grudler et Sandro Gozi, Secrétaire général du PDE, ont discuté pendant une heure avec les participants du travail de chaque parlementaire. Laurence Farreng a parlé de la conférence sur l'avenir de l'Union européenne, en déclarant : "La conférence de l'année dernière portait sur l'avenir de l'Europe, 800 citoyens tirés au sort, venant de toute l'UE. Cette conférence pourrait aboutir à une révision des traités européens. Nous l'avons demandé".

L'eurodéputée Marie-Pierre Vedrenne a expliqué son travail au sein de la commission du commerce international en déclarant : "Je pousse pour inclure l'autonomie stratégique européenne dans nos travaux. Et là aussi, nous avons réussi pendant la présidence française de l'Union européenne ! Par exemple, sur la réciprocité des marchés publics."

Dans ses remarques, Christophe Grudler a mis l'accent sur des domaines comme la politique spatiale : "Le renforcement de l'autonomie de l'UE dans l'espace est l'une de mes priorités. Les nouveaux efforts en matière de satellites de 'connectivité', sur lesquels je suis rapporteur, y contribueront directement !"

L'eurodéputé Max Orville, vice-président de la délégation de l'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE (DACP),

a souligné les politiques affectant les membres de l'Organisation des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OACPS) : "Nous ne pouvons pas appliquer les mêmes règles sur le continent à des pays ultramarins - situés à des milliers de kilomètres. C'est aussi la raison pour laquelle je me suis engagé : pour prendre en compte au niveau de l'UE les aspects particuliers de ces pays."

Sandro Gozi a clôturé l'événement en considérant la situation dans son ensemble, en concluant : "La démocratie est en crise dans toute l'Europe. C'est parce que la démocratie exige du temps pour le débat alors que nous avons besoin de décisions plus rapides dans un monde instantané. Il a souligné : "Plus que jamais, nous voulons renforcer la démocratie européenne, et le rôle des partis européens. Avec de véritables mouvements politiques transnationaux. "

Les relations de l'Afrique avec l'UE : Questions et réponses.

Un avant-dernier panel a réuni le député européen Max Orville et Albert Nsengiyumva, secrétaire exécutif de l'Association pour le développement de l'éducation en Afrique. Sous le thème " Construire des relations loyales et solides entre l'Union et l'Afrique ", Max Orville a posé des questions pressantes aux décideurs politiques : " L'Europe s'interroge sur sa relation avec l'Afrique. Quelle relation l'Afrique veut-elle avec l'Europe ? Quelle coopération pouvons-nous faire ensemble ? Il y a un besoin de clarification". Albert Nsengiyumva a conclu : " L'Afrique doit se réinventer, et l'Europe peut l'aider à se développer par elle-même. "

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La série télévisée "Parlement" est projetée

Le dernier panel des Journées de l'Europe a donné lieu à la projection du premier épisode de la série télévisée "Parlement". Produite par France Télévision et disponible en streaming, elle raconte l'histoire de Samy, un jeune assistant parlementaire au Parlement européen. Fraîchement embauché, il connaît mal les institutions européennes, mais espère s'en sortir en jouant la carte du charme. L'eurodéputé Laurence Farreng a organisé la projection de cette comédie pleine d'esprit et d'humour.

Elle a présenté la série en expliquant que ce type de production est un moyen efficace de faire connaître les institutions européennes aux citoyens européens. Conçue sous la forme d'une comédie télévisée, la série fait entrer les téléspectateurs dans l'univers de la politique européenne et explique en détail le fonctionnement du Parlement européen et des autres institutions européennes.

Sensibilisation à la PDE en septembre

L'événement en France était le deuxième événement de sensibilisation organisé par le Parti Démocrate Européen en septembre. Plus tôt dans le mois, le PDE a organisé à Francfort en Allemagne son "Zukunftsmacher Europa". Une centaine d'invités issus des Freie Wähler, un parti membre du PDE, y ont participé les 8 et 9 septembre pour échanger des idées sur des sujets tels que la protection du climat, la numérisation et l'inflation. Les participants, âgés de 16 à 81 ans et originaires de toutes les régions d'Allemagne, comprenaient des jeunes, des étudiants, des adultes en âge de travailler et des retraités. Pour le PDE, c'était l'occasion d'écouter ce que les citoyens attendent de leur gouvernement, aujourd'hui et à l'avenir. Les événements qui se sont déroulés en France et en Allemagne sont des exemples de l'action de sensibilisation et de formation politique de l'EDP axée sur les citoyens.

Journée de l'Europe - Guidel (FR) - 23-25 September 2022