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"C'est ensemble, en mobilisant toutes les compétences, que l'on réussira à sortir de cette crise du Covid-19, avec l'Europe."

Ce mercredi 1er avril, les 5 députés européens du Mouvement Démocrate étaient réunis pour un Grand débat sur les actions de l’Union européenne face à la crise du Covid-19 avec la modération de secrétaire générale adjointe de notre membre français, Alice Le Moal.

Dans cette période dure et incertaine, Marie-Pierre Vedrenne, Sylvie Brunet, Laurence Farreng, Catherine Chabaud, Christophe Grudler, ont montré une belle solidarité en exposant, pendant une heure et demie, les actions menées par l’Union européenne pour affronter les crises qui s’annoncent. Nombreuses, les questions ont touché d'aussi nombreux domaines.

Marie-Pierre Vedrenne (membre de la Commission du commerce international, membre de la commission et des affaires sociales) a affirmé la nécessité de repenser la chaîne de valeurs mondiales. Cette crise sanitaire, qui nous touche tous, montre notre dépendance à la Chine. Sur des secteurs stratégiques, il sera nécessaire de produire en Europe, comme le préconise depuis longtemps François Bayrou. Le Mouvement démocrate a en effet toujours prôné une mondialisation régulée. A plus long terme, il faudra aller beaucoup plus loin dans nos accords commerciaux, afin que les produits importés respectent nos normes sanitaires et environnementales. Certaines entreprises françaises et européennes ont déjà reciblé leur production de matériel. Sur la question du filtrage des investissements étrangers sur le territoire, nous devrons aller vers davantage de coordination.

Christophe Grudler (membre de la commission industrie, recherche, énergie) a remarqué que, dans un groupe comptant beaucoup de libéraux, les consciences s’éveillent. Notre économie européenne est tombée en arrêt du jour au lendemain. L’Europe doit à présent faire s’entendre les Etats membres, qui ne parviennent pas encore à s’entendre. C’est à l’Europe des peuples de convaincre l’Europe des nations. Des mesures ont été prises : les Etats sont, par exemple, autorisés à subventionner les entreprises. Ainsi des TPE fortement impactées.

Pour les petites entreprises recherche-innovation, les crédits « futur horizon Europe » seront instaurés. Conséquent, le budget de la recherche fondamentale va permettre des avancées, notamment dans le domaine médical. La relocalisation est essentielle, dans des secteurs comme le textile. Christophe Grudler le reconnaît : nous ne sommes pas loin d’une économie de guerre. C’est collectivement que nous devons nous mobiliser.

Laurence Farreng a expliqué la destination des 37 milliards d’euros votés il y a quelques jours au Parlement. Il s’agit d’une réaction d’urgence pour mobiliser au plus vite des fonds. Ils proviennent des fonds de cohésion sur exercice 2014-2020 et vont rester dans les régions qui doivent les gérer et qui en sont les organismes gestionnaires. Les fonds Feder sont ceux qui vont bénéficier de plus de flexibilité.

Catherine Chabaud (membre de la commission du développement, membre des commissions environnement et pêche) a témoigné de la situation difficile des pêcheurs, qui voient leurs ressources non écoulées. Pour eux, des mesures d’arrêt temporaire, des mesures de stockage, des mesures financières vont être engagées. Les consommateurs se sont précipités vers des produits dits de première nécessité. Catherine Chabaud nous recommande vivement d’acheter des produits frais et de saison. Elle nous a également alerté sur le manque de main d’œuvre parmi les agriculteurs, qui ont  lancé un appel à 200 paires de bras, comme la plateforme « des bras pour ton assiette ».

La Vice-Présidente du Groupe Renew Sylvie Brunet (Commission de l’emploi et des affaires sociales) a indiqué que le chômage partiel donnerait des droits à la formation, avec le fonds européen, car on ne revient pas à l’emploi aussi facilement qu’on le croit. Il est plus que temps de mettre en lumière et de revaloriser le rôle des professions de soin, souvent féminines, si mal payées jusqu’à présent.

Christophe Grudler a souligné la nécessité du made in Europe, dans un marché certes libéral, mais réglementé. Cela concerne aussi l’espace. Le libéralisme n’est pas réductible à l’économie, il touche également aux droits de l’individu. Sylvie Brunet a remarqué que la tendance libérale, au sein du groupe, est entamée. La solidarité s’impose à nous, en particulier pour les pays touchés avant nous, comme l’Italie ou l’Espagne. C’est vers eux que doit d’abord se diriger l’effort collectif de solidarité. Bénéficier de la force économique de son voisin, c’est un mécanisme de solidarité élémentaire. Dommage que l’Allemagne et les Pays-bas ne l’aient pas encore réalisé.

Cette crise va nous permettre de réinventer notre façon de travailler en Europe. Tous les 5 sont unanimes pour dire que l’Europe se construit et se renforce à travers les crises.

Marie-Pierre Vedrenne est revenue sur les recovery bonds, émis à l’échelle de l’Union européenne, qui doit faire preuve de solidarité.

Catherine Chabaud a renchéri, soulignant que les gens découvrent aujourd’hui la gestion de crise, où l’on est tous sur le même bateau. C’est maintenant qu’il faut témoigner de la solidarité et croire en la force de l’intelligence collective. N’en sommes-nous pas, tous les 5, la preuve vivante ? a-t-elle lancé avec malice, forts de nos compétences complémentaires.

Catherine Chabaud  a confirmé que le Green deal, soit une taxe carbone aux frontières était prévu, avant la crise. Même si l’on se trouve au cœur de la tempête, il ne faut pas oublier le cap de l’Union européenne. Nous devons réapprendre à consommer nos produits locaux. Soutenir l’agriculture européenne est essentiel.

Cette crise sanitaire n’est pas la dernière que nous connaîtrons, elle n’est pas déconnectée de la crise environnementale. Encore faut-il s’efforcer de sortir de la crise par le haut.

Notre absence de souveraineté européenne en matière de santé et d’éducation touche à des questions au cœur de la démocratie.

Laurence Farreng a livré une analyse sur l’éducation. Les écoles, les universités sont à l’arrêt. Les élèves sont renvoyés à leur milieu social, à la capacité de leurs parents à leur faire cours. Les inégalités sont révélées avec une grande brutalité. La montée de la violence familiale, contre les femmes ou les enfants, est une triste réalité (rappelons les numéros d’appels d’urgence : le 3919, le 117).

Certains pays, comme la Hongrie, réagissent à la crise en s’attribuant les pleins pouvoirs. Cette attitude, Marie-Pierre Védrenne la juge inadmissible, car l’Union européenne se  fonde sur le respect de l’Etat de droit.

Nos 5 députés ont foi dans la régénération de l’Europe. Cette crise doit agir comme un révélateur. Laurence Farreng cite un sondage Vivavoice, dans Libération, selon lequel plus de 70% de Français pensent qu’il est possible et nécessaire de construire une vraie puissance européenne. Cette crise nous permettra peut-être de sortir de nos égoïsmes nationaux.

Catherine Chabaud s’est dite heureuse de voir tout ce que l’Europe peut entreprendre. La communication européenne ne s’en fait pas suffisamment l’écho !

Catherine Chabaud a indiqué que l’Union européenne est consciente du risque pour l’Afrique. L’Europe est le premier investisseur international en Afrique. La Commission a déjà annoncé une aide en plus de tout ce qu’elle fait déjà (15 millions d’euros, pour dépistage précoce et épidémiologique, et pour Institut Pasteur à Dakar). Christophe Grudler a expliqué que la télémédecine pourra être appliquée en Afrique depuis l’espace.

Quant aux objectifs du développement durable, les 5 députés ont affirmé qu’il faut développer une vision transversale, intégrée de toutes les crises. Il faut anticiper les prochaines crises, car il en surviendra d’autres.

Quel message tenez-vous à faire passer aux citoyens ? demande, pour conclure ce long échange, Alice Le Moal. Les députés s’unissent pour délivrer un message collectif. Conserver l’espoir pour l’Europe. Faire confiance à l’intelligence collective. Faire preuve d’humanisme. Habituée au long confinement en mer (4 mois et demi pour son premier tour du monde), Catherine Chabaud donne aussi des conseils pratiques : se créer de petits rituels, prendre soin de soi, et apprendre à lâcher prise en lisant, en écoutant de la musique. L’être humain a des capacités incroyables. A nous d’explorer notre potentiel. Et, promis, l’Union européenne le fera aussi.

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