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Les députés européens du PDE nous disent pourquoi ils ont choisi de se battre pour l'Europe

Les langues, les cultures, les différences régionales et les initiatives locales doivent être chéries car elles constituent le principal atout de l'Europe.

Portrait de Frédéric Petit, nouveau secrétaire général adjoint du PDE

Frédéric Petit
Florence Levillain

Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Je suis né à Marseille, j’ai grandi en Lorraine, dans une région transfrontalière (Saar-Lor-Lux). J’ai commencé ma carrière professionnelle en m’engageant dans un projet social au sein d’un quartier populaire de Metz (1984-1994) avant d’achever mon diplôme d’ingénieur environnement. J’ai eu ensuite une carrière de cadre dans l’énergie et dans l’industrie, à l’étranger (Lituanie, Egypte, Europe Centrale et Balkans) et évidemment en Pologne, où j’habite depuis 2003 (Cracovie). Je suis également médiateur, adhérent à la Chambre National des Praticiens de la Médiation.

Vous êtes depuis longtemps engagé sur les questions européennes, racontez-nous votre parcours et pourquoi désormais ce choix de le poursuivre au Parti Démocrate européen ?

Tout d’abord, je veux dire que de Marseille à Cracovie, de la région Saar-Lor-Lux à Sarajevo, de Varna à Narva, je me sens partout chez moi en Europe.

Mon engagement européen, dans la défense de la démocratie, et pour la construction européenne, « unie dans la diversité », sont les deux aspects d’une même politique humaniste, cherchant à relever les défis de nos territoires entre Méditerranée, Mer Noire, et Mer du Nord.

Depuis les années 80 et 90, je considère que la polarisation, vide de sens, du débat politique, conduit à une impasse. Ce constat est à l’origine de mon adhésion aux idées de François Bayrou depuis 2002 et au Modem depuis sa création ; Or, cette polarisation est à l’œuvre partout en Europe.

La démocratie est essentielle mais elle doit s’appuyer sur des mouvements et des citoyens éclairés. Le dissensus, voire les conflits, permettent de saisir les problèmes dans leur complexité, et de faire les meilleurs choix pour les biens et l’intérêt communs dans nos sociétés. Mais ce dissensus, ces conflits, doivent être gérés en humaniste, dans l’écoute et le travail, pas dans la volonté de détruire l’autre.

Selon moi, ce qui est vrai entre les personnes, reste vrai entre États européens. Je considère que l’Union européenne est d’abord et avant tout un processus de règlement des conflits, hier entre ennemis que l’on disait « héréditaires », aujourd’hui dans un monde multipolaire et globalisé.

Vous êtes le nouveau Secrétaire général adjoint du PDE. Comment voyez-vous le futur du PDE ?

Je suis d’abord très ému et très touché par la confiance qui m’est accordé après le décès brutal de Marielle de Sarnez. Je dois beaucoup, depuis quatre ans, à son soutien ferme et discret dans mes premiers pas d’élu, au sein de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

Je suis également attentif, comme le nouveau secrétaire général, Sandro Gozi, au moment charnière dans lequel nous sommes amenés à assumer ces responsabilités : le nouveau budget pluriannuel de l’Union, et surtout la Conférence pour l’avenir de l’Europe.

Le PDE doit être au cœur de ces enjeux, en s’appuyant d’une part sur notre Déclaration de Bilbao de 2019, prémonitoire aujourd’hui, ainsi que sur toute la réflexion de fond à laquelle nous avons contribué depuis plus de quinze ans, parfois un peu seuls… Et d’autre part, en faisant en sorte que l’énorme effort financier consenti par l’Europe ne se réduise pas à des marchandages économiques, que la Conférence pour l’avenir de l’Europe aille au fond des débats, et donc que l’Union européenne entre enfin dans le XXIème siècle et soit à la hauteur de sa vocation. Face à ce défi, les valeurs démocratiques, les engagements citoyens, la capacité à gérer les dissensus que nos militants portent aux quatre coins de l’Union européenne, au cœur de langues et de cultures si différentes, seront très utiles.

Nous devons également mener rapidement une réflexion interne sur notre fonctionnement, sur les adhésions directes, sur la structuration de notre travail avec les régions européennes, adapter notre organisation à des sujets plus régionaux (franco-allemand, Weimar, Bassin du Danube, Balkans)… Nous devons multiplier les modes de travail et d’action afin que notre parti ne soit pas qu’un amalgame bruxellois, mais bien celui qui contribuera réellement à l’émergence d’un espace public européen, à commencer par une élection transnationale en 2024 !