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Les députés européens du PDE nous disent pourquoi ils ont choisi de se battre pour l'Europe

Les langues, les cultures, les différences régionales et les initiatives locales doivent être chéries car elles constituent le principal atout de l'Europe.

Une menage pour notre diversité

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Au cours de l'été 2018, le Parlement européen, bien qu'avec une grande division en plénière, a approuvé une recommandation qui affecte les États membres où plus de 35 eurodéputés sont élus. Les États sont autorisés à fixer une limite qui élimine de la répartition des sièges européens les partis qui n'atteignent pas 2 à 5 % de représentation au niveau de leur État membre.

Cette règle a été conçue, en théorie, pour rendre plus difficile l'accès des petits partis anti-système au Parlement européen, mais elle a négligé le "petit détail" que dans certains des États membres concernés, l'application de tels seuils est totalement incompatible avec leur propre structure territoriale et leurs dispositions constitutionnelles. En Espagne, par exemple, la législation régissant les élections européennes ne tient pas compte de la répartition du pouvoir territorial et législatif qui découle de l'état des régions autonomes. Ainsi, dans ce qui est présenté comme "l'État le plus décentralisé d'Europe", il n'existe qu'une seule circonscription dans laquelle les options régionales doivent former des coalitions pour obtenir une représentation.

Cette incohérence ignore également que la même constitution fait une distinction entre les nationalités et les régions, et ce n'est pas un hasard. En Espagne, il existe des territoires comme la Catalogne ou le Pays basque, avec leurs propres langues, avec des institutions puissantes issues d'une longue histoire et avec une structure économique très différente de celle de l'État dans lequel ils sont intégrés. Des cartes politiques dans lesquelles les options qui cherchent à préserver une identité nationale qui fait partie de la diversité de l'Union et qui est expressément protégée par notre Charte des droits fondamentaux gouvernent et gagnent dans toutes les élections. Des territoires comme le Pays basque qui remplissent même les trois conditions requises par la doctrine communautaire pour reconnaître un trésor public souverain : autonomie institutionnelle, réglementaire et économique.

Eh bien, l'un des effets de cette réforme, déguisée en pro-européenne, bien qu'elle ait éliminé les listes transnationales et la proposition de spitzenkandidat, est de laisser cette diversité nationale, institutionnelle, linguistique, culturelle et économique sans voix à Strasbourg. Ainsi, des organisations politiques qui s'additionnent, qui ont aussi une longue trajectoire européiste et qui sont, comme EAJ-PNV, des partenaires fondateurs de l'Union, pourraient être écartées du Parlement européen. Le poids démographique de leurs territoires fait qu'il leur est matériellement impossible d'atteindre ce niveau de représentation dans une seule circonscription.

Essayer d'ignorer ce qui est et existe, le marginaliser, le retirer de la vie institutionnelle avec des astuces de ce genre, mène au conflit. Il y a ceux qui, dans l'Union, seraient heureux d'appliquer cette "solution" pour se débarrasser de tous ceux qui ne confirment pas leur vision uniforme et nationaliste de l'identité étatique qu'ils professent. Heureusement, il y a ceux qui, au sein du PDE, savent que refuser l'espace à ces réalités revient à tourner le dos à la devise de notre Union. Sur la base de la reconnaissance et du respect, défendons des propositions et des idées pour que la voix de toute notre diversité puisse continuer à être entendue au Parlement européen.

Izaskun Bilbao Barandica